L'enfant d'abord !
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Selon un adage populaire en Afrique, la terre ne trompe jamais !
Ceci tout simplement parce qu’on récolte toujours plus que ce que l’on a semé. Un grain de maïs donnera un bol de maïs.
Nous sommes ici dans la ferme agricole du Centre d’accueil des enfants « Kandyaa » de l’ONG CREUSET TOGO située dans le canton de Kadambara à Sokodé. Nous y pratiquons l’agroforesterie. Voici quelques photos de nos champs de maïs, de soja, du niébé, des plans de teck. Pour le moment, ces cultures sont choisies car il s’agit par exemple pour le maïs de l’aliment de base chez nous au Togo. Les enfants sont régulièrement accueillis pour les besoins de réinsertion d’où l’obligation de les nourrir. La culture du maïs était donc incontournable …
Le soja est également une priorité, depuis quelques années, cette céréale a connu une grande valorisation et sa transformation contribue à améliorer nos plats parfois trop standardisé. La culture du soja est importante aussi parce qu’il va aussi intervenir dans la fabrication de la provende pour les poules qui sont élevées dans le centre. Avec les poules nous avons de la protéine et ainsi nous la ration alimentaire des enfants devient complète. Nous avons également un champ d’ignames qui est aussi un aliment important. Il peut être utilisé pour faire du foufou (Igname pilé) des frites ou du ragoût. Le niébé (haricot) a également une place dans la ferme. Pour l’instant, le maraîchage n’a pas entièrement démarré mais il sera développé au cours de la prochaine saison sèche sur la base de l’expérience tirée sur un périmètre au centre d’accueil Kandyaa.
Ces investissements ont été re
ndus possible grâce à la mobilisation, une fois encore de nos partenaires Allemands, (KinderRechteAfriKa et la Coopération Allemande)

Globalement pour cette première année, bien que de bons résultats soient à espérer, il convient de préciser que présentement c’est vraiment l’excédent de pluie qui risque de causer quelques soucis : Cette année, la région centrale a été abondamment arrosée. Nous n’avons pas les relevés pluviométriques précis pour faire des comparaisons mais le constat est visible sur le terrain, dans les champs est que cette année, il a beaucoup plu. Certaines de nos cultures en ont souffert comme vous pouvez le voir sur ces images où certains pans ont été emportés par l’eau avec lessivage de certains endroits. Il semble justement urgent de partager avec vous ce paradoxe que nous ne connaissons pas seulement au Togo mais en Afrique de façon générale. Dans cette localité où nous avions la ferme, il y a seulement quelques mois nous manquions cruellement d’eau. Entre janvier et mai tous les puits et rivières étaient à secs. Face à cette situation, l’expérience de creuser un puits s’est soldée par un échec (pas une goutte d’eau).
Mais depuis le mois de Juillet, à la rareté de l’eau c’est à l’excédent que nous sommes confrontés. L’eau est devenue surabondante subitement alors qu’on en manquait il y a quelques mois seulement. Ailleurs le progrès technique et le développement a permis à certaines civilisations de ne pas trop dépendre de la nature. Avec des systèmes de captation d’eau de pluie et d’irrigation, ces peuples sont parvenus à l’autosuffisance alimentaire. Nous pensons que si nous voulons aussi sur le continent atteindre l’autosuffisance, il va falloir imaginer des techniques agricoles qui ne dépendent pas de la pluviométrie. Résoudre le problème de l’alimentation et de la pauvreté passera donc par des solutions durables dans le domaine agricole tout en tenant compte de nos réalités à nous.
A bientôt pour le bilan des récoltes de notre ferme agricole. Vos idées sont également les bienvenues pour nous aider à améliorer.