Lorsqu’un enfant est accueilli dans un centre de prise en charge, il doit avant tout y trouver un espace de sécurité, d’écoute et de protection. Mais garantir cette sécurité ne consiste pas uniquement à répondre à ses besoins matériels. Cela implique également de veiller au respect de sa dignité, de son intégrité physique et morale, de sa santé mentale et de ses droits.

C’est autour de cet enjeu essentiel que les responsables du  centre KANDYAA de l’ONG CREUSET TOGO ont  participé, du 06 au 07 octobre 2026 à Sokodé, à un atelier national de renforcement des capacités des responsables des lieux non conventionnels de privation de liberté sur la prévention et la lutte contre la torture et autres traitements cruels, inhumains ou dégradants.

Organisée par la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH), à l’Hôtel Centrale de Sokodé, cette rencontre s’inscrit dans le cadre du projet « Consolidation du cadre de prévention de la torture et du Mécanisme National de Prévention de la torture au Togo (Phase 3) ».

Une rencontre importante pour les centres d’accueils d’enfants

Les lieux qui accueillent et accompagnent des enfants ont une responsabilité particulière : les enfants qui y sont pris en charge sont souvent en situation de vulnérabilité et dépendent fortement des adultes qui les encadrent.

La protection de l’enfant ne peut donc pas se limiter à lui offrir un toit, de la nourriture, des soins ou un accompagnement éducatif. Elle suppose également de prévenir toute forme de violence, d’humiliation, de négligence ou de traitement susceptible de porter atteinte à sa dignité.

Certaines violences sont visibles. D’autres le sont beaucoup moins. Elles peuvent prendre la forme de paroles humiliantes, de pressions psychologiques, de négligence, de pratiques disciplinaires inappropriées ou encore de comportements qui fragilisent progressivement l’enfant.

C’est pourquoi la prévention est essentielle. Elle permet d’identifier les risques avant qu’ils ne deviennent des situations graves et de renforcer les pratiques des personnes qui travaillent quotidiennement auprès des enfants.

Renforcer les capacités pour mieux protéger

L’atelier a donc  réuni 47 participants, dont 16 femmes, issus de différentes structures et institutions engagées dans la protection et la prise en charge des personnes vulnérables. Des représentants de foyers, centres d’accueil, centres de prière, couvents et autres structures accueillant des enfants ont notamment pris part aux travaux.

Les échanges ont permis de mieux comprendre le rôle et le mandat du Mécanisme National de Prévention (MNP) de la CNDH, ainsi que les principes liés à la prévention de la torture et des traitements cruels, inhumains ou dégradants.

Une attention particulière a également été accordée à la santé mentale des personnes accueillies. Les participants ont été sensibilisés à l’identification des signes de détresse psychologique, à la prévention des situations de crise et aux attitudes à adopter face aux situations d’urgence.

Le protocole O.P.A.O.A. — Observer, Protéger, Alerter, Orienter et Accompagner -a notamment été présenté comme une démarche pratique pour mieux réagir face aux situations de vulnérabilité.

Ces apprentissages sont particulièrement importants dans les structures accueillant des enfants, où la qualité de l’accompagnement dépend aussi de la capacité des équipes à comprendre les comportements, à repérer les signes de mal-être et à agir de manière appropriée.

Une démarche qui touche directement le KANDYAA

La participation à cet atelier revêt une dimension particulière pour le centre KANDYAA. Dans le cadre du suivi assuré par le Mécanisme National de Prévention, notre centre fait partie des structures qui doivent faire l’objet d’un suivi au cours des prochains jours.

Cette démarche, prévue entre le jeudi 08 et le vendredi 09 octobre 2026, permettra notamment d’échanger avec les responsables et l’équipe d’encadrement, d’apprécier les conditions de prise en charge et d’identifier, avec les acteurs concernés, les éventuelles pistes d’amélioration.

Il ne s’agit pas seulement d’un contrôle. Ces démarches de suivi participent à une logique plus large de prévention et d’amélioration continue des pratiques. Elles permettent de porter un regard sur les conditions de vie et d’accompagnement des enfants et de renforcer, lorsque cela est nécessaire, les mécanismes de protection.

Pour CREUSET TOGO, la protection de l’enfant ne doit pas être un principe uniquement inscrit dans les documents ou rappelé lors des formations. Elle doit se traduire dans les gestes, les paroles, les décisions et les pratiques quotidiennes de toutes les personnes qui interviennent auprès des enfants.

Au centre KANDYAA, cette exigence rejoint directement la mission d’accueil et d’accompagnement des enfants. Créer un environnement protecteur, c’est permettre à chaque enfant de se sentir en sécurité, écouté, respecté et considéré dans sa dignité.

C’est également reconnaître que la santé mentale, le bien-être et l’épanouissement de l’enfant sont indissociables de sa protection.

À travers sa participation à cette initiative de la CNDH et le suivi du centre KANDYAA, CREUSET TOGO entend poursuivre cette dynamique : mieux prévenir, mieux protéger et continuer à améliorer les conditions d’accueil et d’accompagnement des enfants.

Parce que protéger un enfant, ce n’est pas seulement le mettre à l’abri. C’est aussi veiller à ce que l’espace dans lequel il grandit soit réellement sûr, respectueux et bienveillant

JEAN AYEWA